Backroom explore les limites du corps et de l’espace scénique dans un univers parallèle, absurde et profondément humain.
Backroom s’inspire de l’univers virtuel des Backrooms, phénomène collaboratif né sur internet. Ce concept construit sur la parédolie et un interêt pour l’esthétique liminal interroge notre besoin de narration face à l’inconnu et notre rapport aux espaces intermédiaires — ces lieux « en creux », entre réel et fiction, physique et virtuel.
La forme est volontairement hybride : dispositif immersif, narration fragmentée, ambiance sonore prégnante… La scénographie s’inspire des espaces déshumanisés (bureaux vides, néons vacillants, motifs répétitifs) et convoque un imaginaire à la fois anxiogène et profondément humain.
Les Backrooms sont une sorte de frontière entre réel et imaginaire. Un lieu qui mime notre monde mais où les lois habituelles sont floues, un monde désordonné, un chaos bien ordonné. Comme dans un rite de passage traditionnel, on arrive là dans un autre monde, un monde parallèle, une expérience mystique.
Ce monde est-il plus vide de sens que celui dans lequel nous vivons ? Ce monde, si simplement banal et pourtant menaçant, est une sorte de métaphore de notre monde moderne, uniformisé, où chaque geste est répété chaque jour jusqu’à perdre le sens même. Ces émotions qui peuvent conduire à un sentiment d’aliénation dans une monde déshumanisé, à l’image du labyrinthe des backrooms, sans fin.
La peur qui guide nos vies. Ces espaces sont à la fois des lieux de transformation personnelle, des seuils métaphysiques, et des symboles de l’incertitude existentielle. Ils sont des zones floues où les repères habituels se dissolvent, permettant de repenser l’identité, la réalité, et la condition humaine dans un monde en perpétuel mouvement. La philosophie des espaces liminaux touche ainsi à des questions fondamentales sur le passage, le changement, et la recherche de sens dans un monde de plus en plus complexe et incertain.
Synopsis
Le public se réveille dans un monde étrange, vide et labyrinthique : les Backrooms. Inspiré d’un mythe numérique devenu collectif, le spectacle plonge les spectateur·rices dans un univers absurde où temps et espace se confondent.
Chaque corridor, chaque pièce semble identique, mais recèle ses propres surprises : néons vacillants, tapis moisis, sons inquiétants et légers indices de vie. À travers une narration fragmentée, des gestes corporels précis et une ambiance sonore immersive, Backroom explore nos angoisses contemporaines, notre solitude et notre rapport à l’inconnu.
Le spectacle devient ainsi une odyssée intérieure : le spectateur est invité à naviguer dans ce labyrinthe métaphorique, à ressentir la tension entre le réel et le virtuel, et à réfléchir sur la quête de sens dans un monde uniformisé et absurde. Entre inquiétude, fascination et émerveillement, Backroom propose un voyage à la fois philosophique, sensoriel et profondément humain.
<< Je me demande combien on est, à force. On croise pas souvent du monde, finalement. Ou alors peut-être que c’est grand. Je ne sais pas s’il y a des gens qui sortent vraiment. Je ne sais pas. J’essaye de ne pas me poser de questions. Ici, j’ai beaucoup baroudé, voyagé, exploré. J’y croyais au début, je crois. J’y croyais vraiment. Je voulais sortir. Je me demande si c’est une fin ici ou un lieu intermédiaire ? Ou c’est le monde d’avant, dehors, qui est intermédiaire ?
Maintenant, je préfère être en vie. En sécurité. Ici, c’est sécure. On est tranquilles. Vous devriez rester. Vous pouvez d’ailleurs. Ça me fait de la compagnie. C’est sympa.>>
<< Si tu n’es pas prudent et que tu no clip hors de la réalité dans les mauvais endroits, tu te retrouveras dans les Backrooms, où il n’y a rien d’autre que l’odeur de vieux tapis moisis, la folie du mono-jaune, le bourdonnement incessant des néons à leur puissance maximale, et environ six cents millions de miles carrés de pièces vides et aléatoirement segmentées où tu seras piégé. Dieu te sauve si tu entends quelque chose se promener à proximité, car ce n’est sûrement pas toi qui es passé inaperçu. >>





